Mon premier roman « Plus tard ce sera mieux » est paru aux éditions Amalthée, il boucle le travail thérapeutique entrepris il y a plusieurs années. J’ai eu la chance de croiser le chemin d’un psychiatre qui a su, entre autre, écouter mes silences, supporter mon hypersensibilité, mon irritabilité et mon incapacité à lui serrer la main ou a le regarder dans les yeux.
Rejetée à la naissance par une mère qui souhaitait avoir un fils, je me suis forgé une carapace protectrice, pour évoluer, tant que possible, comme les autres personnes, capables elles, de s’exprimer à la fois verbalement et gestuellement, sans craindre de rater leurs propres chorégraphies. Persuadée qu’il me manquait juste un déclic, tel un double six aux dés, j’enchainais les tours du compteur de la vie, sur un gigantesque Monopoly. Élevée par des parents communistes et athées, dans mon éducation seules la culture et la réflexion étaient autorisées sans modération. Mon père, à la fois alcoolique et mélomane, inventait toutes sortes d’objets, en écoutant en boucle les mêmes vinyles. Parfois drôle mais souvent imprévisible, ma mère l’évitait en nous conduisant, mes sœurs et moi, régulièrement, tard le soir, au cinéma.
Atteinte de prosopagnosie et toujours incapable de comprendre les jeux de mots, les proverbes et autres expressions je cumule les gaffes. L’absurde représente le domaine non cartésien le plus délectable à mes yeux même s’il est parfois trop présent.
Aujourd’hui, je connais un peu plus les grilles de lecture du monde des autres personnes, sans pour autant être capable de nouer des relations sociales conventionnelles avec elles.